Résumé
La crise sanitaire liée à la Covid-19 a affecté tous les métiers qui nécessitent un contact humain et qui appellent une présence massive dans des espaces plus ou moins réduits. L’instauration d’une distance est en effet difficile à assumer dans certaines professions comme l’enseignement. Les relations pédagogiques et les activités didactiques sont mises à mal par cette distance notamment pour un public qui n’a pas l’habitude de gérer ce genre de situations. Il nous semble toutefois possible de tirer profit de cette nouvelle donne à travers une exploitation optimale des nouvelles technologies qui peuvent inciter les apprenants et les enseignants à explorer de nouvelles formes d’enseignement/ apprentissage, et à passer ainsi à un « enseignement 2.0 ». Contrairement aux cycles scolaires où l’enseignement en présentiel a été maintenu, l’enseignement supérieur en Algérie a été touché de plein fouet par cette crise et par les contraintes de distanciation qu’elle a appelées. Toutes les universités ont été contraintes à réduire le temps de présence des étudiants dans les campus universitaires, et ont ainsi été obligées de proposer un enseignement essentiellement dispensé à distance. Les enseignants et les étudiants de l’ENSB (École Normale Supérieure de Bouzaréah) ont dû, eux aussi, se plier aux nouvelles règles imposées par la Covid-19 et ont dû adopter ce nouveau mode d’enseignement. Ce que nous proposons dans cette communication, ce sont les résultats d’une enquête, toujours en cours, réalisée auprès d’un groupe d’étudiants et d’enseignants de l’ENSB, et dont l’objectif est de rendre compte de cette expérience inédite et d’en tirer des enseignements pour l’avenir. Nous avons choisi comme objet d’étude l’enseignement/ apprentissage de l’oral parce que ce dernier peut appeler un certain nombre de défis dans un dispositif d’enseignement à distance, et aussi parce qu’il semble être à l’origine d’une incertitude chez les collègues qui doivent l’assurer dans ces conditions.Aussi tenterons- nous d’interroger les représentations des étudiants et des enseignants sur les difficultés rencontrées lors de cet enseignement/ apprentissage, de déceler les pratiques convoquées par ce nouveau dispositif d’enseignement et de repérer les stratégies développées pour remédier à cette situation exceptionnelle. Nous voulons également savoir quel rôle peuvent jouer les NTIC notamment dans l’enseignement de l’oral. Pour atteindre nos objectifs, nous avons réalisé une enquête auprès d’étudiants qui ont dans leur programme le module « pratiques et techniques de l’oral » et auprès des enseignants qui assurent ce module à l’ENSB. Nous avons eu recours à un questionnaire et à un récit de vie pour obtenir des explicitations sur la manière dont s’est déroulé l’enseignement de l’oral durant cette situation de crise ainsi que sur les perceptions que les différents acteurs (enseignants et apprenants) en ont eues. À travers ce travail, nous aspirons à tirer quelques enseignements qui permettront de mieux gérer cette crise si elle est amenée à durer, ou à se préparer à un enseignement à distance et en ligne qui pourrait devenir la norme dans une société en perpétuelle développement technologique.